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Avr 05 2017

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CGT – FO MANIFESTE DES PERSONNELS DE PSYCHIATRIE

La situation est en train de se tendre dans les services de psychiatrie (effectifs, projets médicaux, et de soins).

Depuis plusieurs mois les personnels ont commencé à se concerter sur le devenir du travail en psychiatrie.

Ce sont des situations interpellantes qui nous ont amenés à nous retrouver pour parler de nos pratiques, de notre vécu professionnel, des menaces autour de la psychiatrie pour enfin poser nos revendications.

Être soignant, c’est avoir la possibilité de penser ce qu’est être soignant, lors de chaque situation singulière à laquelle nous sommes confrontés. Etre soignant suppose aussi une capacité à se laisser convoquer par une réflexion éthique. Le Psychiatre Jean OURY formulait ainsi : «  Qu’est-ce que je fous là ? » Cette question ne concerne pas seulement l’ici et le maintenant, elle est véritablement existentielle. Se poser cette question c’est nous autoriser à penser, et que nous fassions l’effort de cheminer à partir de celle-ci.

Tout soin demande du temps : le temps de penser, d’écouter, de nouer des liens, pour s’engager dans une relation thérapeutique, du temps pour comprendre… La dimension relationnelle se trouve au cœur du travail dans les unités de Psychiatrie.

Et pourtant :

Est-il encore possible d’écouter le symptôme, de le considérer comme un signe du sujet ?

Que faisons-nous de la relation thérapeutique, de cet espace psychique nécessaire à la rencontre qui apparait si souvent bien difficile… ?

Que fait-on des émotions si particulières qui sont véhiculées dans les relations soignantes ?

Établir une « bonne » alliance thérapeutique sera d’autant plus précieux pour la bonne conduite des interventions thérapeutiques. Les autres professionnels sont les mieux placés pour la vivre au quotidien. Les multiples mouvements des soignants appelés en renfort, sont totalement antagonistes avec cette notion d’alliance thérapeutique. Malgré le fait que tous les soignants y attachent une importance, le risque de décrochage de la relation thérapeutique est important.

Qu’en est-il de la prise en compte de la dimension psychothérapique du soin institutionnel, aussi bien dans les unités de soins de l’hôpital et dans les structures extra-hospitalière ?

Les conséquences sont beaucoup plus graves : les soignants ont le sentiment de ne plus avoir le temps du travail bien fait, le temps de mettre en place des projets avec les patients, des activités de resocialisation ou répondre aux besoins relationnels des patients. C’est surtout « être là »  en pouvant prétendre apporter une relation de constance, de continuité, de contenance, de réassurance dans le quotidien des soins.

La sensation du travail bien fait est un facteur essentiel de l’estime de soi. Lorsque le dispositif ne permet plus au soignant d’être satisfait de ce qu’il fait, le désinvestissement et le malaise sont inévitables.

Un exemple que connaissent bien les infirmier(es) et aides soignant(es) des services de soins concernant l’accueil des patients. La plupart des patients (et des familles) qui viennent pour la première fois dans un service d’hospitalisation gardent longtemps en mémoire la personne qui les a accueillis. Ils sont capables, plusieurs jours après l’événement de l’identifier au sein d’une équipe. Cette situation avait donné naissance à ce que l’on appelait  « l’infirmier(e) référent(e) », celle avec qui le patient pourra tisser une véritable relation dès son entrée dans la structure et tout au long de son séjour.

La relation avec le patient, un élément central des soins n’est-elle pas négligée ? Est-elle encore d’actualité, une option ?

Le cadre thérapeutique n’est-il pas aujourd’hui empêché ?

Comment les professionnels de la Psychiatrie peuvent-ils encore se positionner pour maintenir un cadre institutionnel fragilisé, voire menacé ?

Les Menaces :

Les contraintes budgétaires pèsent sur les services de soins, sur l’offre de soins, les conditions de travail et ont entrainé de nombreuses restructurations.

Depuis 15 ans de nombreux lits ont été fermés malgré la forte augmentation de la population du département, ainsi que de sa précarité.

Alors que de nombreux besoins émergent, l’enveloppe financière reste contrainte voire diminue. De fait certaines modalités de prise en charge sont sacrifiées au profit de nouveaux projets qui répondent eux aussi aux besoins.

Nous constatons que l’accès aux soins en hospitalisation complète est de plus en plus difficile, les listes d’attente s’allongent.

Les projets de service sont malmenés par des impératifs de manque de place, il faut toujours parer au plus urgent, faire des choix non pas en fonction des besoins des patients mais en fonction des places disponibles.

Le parcours du patient perd de son sens.

De la même manière les personnels sont expédiés d’un service à l’autre. Qui est alors garant du projet de soins ?

Il semblerait que pour la direction seule compte la bureaucratie ; cette bureaucratie qui entraine le travail empêché.

Les tâches administratives, informatiques et autres prennent de plus en plus de place tandis que le temps passé auprès du patient est réduit.

Tout cela contribue à la perte de sens du travail en psychiatrie. La notion d’équipe n’est-elle pas devenue une illusion ?

Dans ces conditions le travail est-il sécure ?

Les revendications :

Nous avons besoin d’un service public de psychiatrie qui prenne en charge les patients souffrant de pathologies mentales tout particulièrement dans ce contexte social. Or, aujourd’hui l’hôpital public est étranglé financièrement. Alors que les besoins croissent, les moyens régressent.

Nous soignants et administratifs de Psychiatrie, posons nos revendications pour une psychiatrie humaniste. Nous exigeons :

  • Des personnels en nombre suffisant, le respect des affectations et des fonctions.

  • Une formation qui donne un sens à notre travail sur les pratiques institutionnelles notamment en réintroduisant la formation sur la consolidation des savoirs.

  • Des projets de soins qui permettent la prise en charge du patient dans sa globalité. La psychiatrie doit disposer d’une palette de modalités de prise en charge de l’hospitalisation complète, aux soins ambulatoires et à l’hospitalisation à domicile. Toute population doit être accueillie de la petite enfance à la gérontologie.

Dans ce cadre nous exigeons le maintien du service de Charcot.

Nous sommes favorables à la création d’une EMPPA, par contre nous considérons que les lits d’hospitalisation complète de Charcot sont indispensables pour la prise en charge des Personnes Agées qui décompensent.

  • Que les personnels bénéficient tous du statut d’agent de la FPH. Une vie personnelle stable permet une meilleure implication à long terme et une plus grande sérénité.

  • Qu’un cadre thérapeutique digne de ce nom permette un travail en toute sécurité émotionnelle, psychique et physique.

  • Le maintien ou la mise en place d’espaces d’échanges pluridisciplinaires : réunion de service, synthèses, réunion cliniques, groupe d’analyse des pratiques, réunions de fonctionnement, supervision…

C’est indispensable pour délivrer des soins de qualité.

 

Retrouvons-nous pour envisager des actions pour défendre le soin en Psychiatrie et nos conditions de travail.

 

 

Assemblée Générale des personnels 

à l’appel des syndicats CGT et FO :

Le jeudi 20 avril 2017

A partir de 14h30

Salle commune des syndicats

Lien Permanent pour cet article : http://www.cgtchmontauban.info/cgt-fo-manifeste-des-personnels-de-psychiatrie/

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