Fév 24 2012

Compétitivité

 

C’est au nom de la compétitivité que le chef de l’État entend mettre en oeuvre plusieurs mesures qui vont grandement affecter notre pouvoir d’achat, notre temps de travail et nos droits.

La recette du chef de l’État qui est la même que celle du Medef est simple :

 

« pour être compétitif, il faut baisser le coût du travail. »

 

Pour juger l’efficacité d’une telle recette il faudrait voir comment cela se passe dans les pays qui ont un coût du travail inférieur au notre.

 

L’Espagne le Portugal et l’Italie la Grèce devraient aller bien mieux que nous, Haïti devrait même être le pays le plus riche au monde !

 

Pour la comparaison avec l’Allemagne (dernière mode du moment) il faut voir la réalité :

 

Le coût du travail y serait inférieur aux dires de certains, car ils considèrent le coût horaire et non le coût par unité produite. Les salariés français ayant une des meilleures productivité au monde, le coût du travail par unité produite est identique dans les deux pays.

 

Exemple (tout à fait théorique)

Un agent de buanderie rémunéré 20€ de l’heure (salaire+cotisations) lave 20 Kg de linge à l’heure. le coût de travail par heure est de 20€ Par contre, le coût du travail par unité produite est 1€ par kilo.

Un agent de buanderie rémunéré 15€ de l’heure(salaire+cotisations) lave 10 Kg de linge à l’heure, le coût de travail par heure est de 15 € Par contre, le coût du travail par unité produite est 1,5€ par kilo.

Chacun peut voir dans cet exemple qu’on peut à la fois avoir un « salaire+cotisation » plus élevé et être compétitif.

 

Ainsi, en moyenne, les salariés français produisent 42€ de richesse par heure travaillée alors que les salariés allemands en produisent 36€.

 

On voudrait nous faire croire qu’en appliquant les recettes allemandes (baisse des salaires ou cotisations sociales) on obtiendrait des résultats sur le taux de chômage comme le font apparaître les statistiques allemandes.

Mais cela est dû avant tout à la multiplication des « mini jobs ». 30 % des salariés allemands vivent avec des revenus inférieurs à 900 € par mois. 2,5 millions d’Allemands travaillent pour moins de 5 € de l’heure (le SMIC n’existe pas) certains travaillent pour 1€ de l’heure pour bénéficier des minima sociaux.

 

En imposant le temps partiel, en sous payant les salariés on peut faire baisser les statistiques … mais pas la misère !

 

 

Vouloir faire supporter aux seuls salariés les efforts de compétitivité c’est rendre encore plus inhumaines les conditions de travail et d’existence, c’est une régression sociale inadmissible pour une société qui se dit développée.

 

 

 

La compétitivité n’est pas due seulement au coût du travail. Elle dépend de multiples facteurs : Effort de recherche, organisation du travail, modernisation des entreprises etc.

Mais il y a surtout les prélèvements opérés par le capital sur les entreprises. À quel taux d’intérêt des entreprises empruntent-elles pour se financer ? Quels sont les dividendes versés aux actionnaires ? Les revenus versés aux dirigeants ?…

 

En 2011 en France 236 milliards d’euros ont été versés aux actionnaires soit l’équivalent de toutes les dépenses de retraite.

 

La France crée donc suffisamment de richesses pour permettre à ses habitants de vivre correctement, le problème est celui de leur répartition. Les inégalités ne cessent de se creuser alors qu’il faudrait au contraire les réduire.

 

La TVA antisociale.

Pour réduire le coût du travail le président envisage d’augmenter la TVA et de réduire les cotisations versées par les employeurs au titre des allocations familiales. La TVA ne peut pas être sociale car elle est payée au même taux que l’on soit rémunéré au SMIC ou que l’on soit milliardaire, c’est l’impôt le plus injuste qui soit. En outre, en augmentant les prix cela va avoir des répercussions sur la consommation qui est pourtant le moteur le plus efficace de l’économie.

 

Accord compétitivité emploi.

Le président veut aussi donner satisfaction au Medef en instaurant des « accords compétitivité » dans les entreprises. Les salariés seraient invités à être moins payés, à travailler plus, dérogeant ainsi à la loi pour un éventuel maintien de l’emploi. C’est un véritable chantage dont on a vu ce qu’il avait donné dans de nombreuses entreprises (Continental, Bosch…) où on a eu à la fois la baisse des salaires ainsi que des licenciements. On ne peut admettre qu’il y ait des zones de non droit dans les entreprises, le code du travail est souvent la seule protection des salariés.

 

Relancer l’économie.

À l’opposé de ces recettes, la CGT demande la ré-affectation des richesses produites vers les salaires et l’investissement productif. C’est par l’augmentation du pouvoir d’achat que nous relancerons l’activité économique . C’est en modernisant les modes de production que nous améliorerons les conditions de travail et que nous préserverons l’environnement.

 

 

 

La confédération européenne des syndicats appelle à agir le 29 février

contre les plans d’austérité en Europe

 

La CGT appelle à manifester à

Montauban le 29 Février 2012

à 10h30 devant la préfecture

 

 

Lien Permanent pour cet article : http://www.cgtchmontauban.info/competitivite/

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