Mai 17 2014

Intervention CGT de l ‘hôpital de Montauban pour la Manifestation du 15 mai

 

 

 

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Il ne se passe pas un jour à la télévision, sur les ondes de radio ou dans la presse écrite sans que de nos grands spécialistes en économie ne répètent à qui veut l’entendre qu’il y a dans notre pays trop de fonctionnaires qu’ils ont des droits exorbitants et que les dépenses publiques dépassent l’entendement.

Pour ces grands économistes, triés sur le volet qui cumulent les passages dans les médias et qui sont d’ailleurs grassement rémunérés par des fonds publics pour la plupart, il y aurait une solution pour sortir de la crise : faire des économies sur les dépenses publiques.

 

Sensible à leurs sirènes, à l’écoute exclusive du Medef, et au monde de la finance, le gouvernement décide de passer à l’offensive contre les fonctionnaires et la fonction publique. C’est la base même de son plan de responsabilité devenue pacte de solidarité mais qui n’est en fait rien d’autre qu’un plan d’austérité pour l’ensemble des salariés.

 

Le discours dominant est distillé chaque jour : les fonctionnaires sont devenus les boucs émissaires.

Ce discours marque des points dans la tête de trop nombreux Français qui pensent qu’il y aurait en effet trop de fonctionnaires.

Mais si on leur demandait : est-ce qu’il y a trop de personnels dans les hôpitaux, est-ce qu’il y a trop d’enseignants dans les écoles, est-ce qu’il y a trop d’employés municipaux pour encadrer les enfants dans le temps périscolaire, est-ce qu’il y a trop d’employés des impôts pour lutter contre la fraude fiscale, trop de douaniers pour lutter contre les fraudes, trop d’inspecteurs du travail pour s’assurer du respect des droits des salariés etc. etc. là la réponse serait toute autre !

 

Car derrière chaque fonctionnaire il y a une mission au service de la population et au service de l’intérêt général.

 

À force de réduire les effectifs, c’est bien évidemment la qualité du service public qui est remis en cause.

La population a raison d’être exigeante sur cette qualité. Peut-on admettre que l’on attend de six heures urgences avant d’être pris en charge ? Peut-on admettre que le niveau scolaire des enfants soit sacrifié ? Et notamment pour ceux qui ont déjà des conditions d’existence difficile ? Peut-on admettre que l’on n’assure pas la sécurité et ce dans tous les domaines et pas seulement l’ordre public.

Les agents de la fonction publique sont soucieux de répondre à cette mission ce sont eux qui au quotidien sont confrontés aux exigences légitimes de la population, en même temps, ils doivent toujours faire mieux et faire plus, respecter des critères de qualité de plus en plus exigeants et cela avec toujours moins de moyens.

 

Ils vivent au quotidien cette insatisfaction de ne pouvoir exercer le métier dont ils s’étaient fait une certaine idée, en le choisissant.

 

Nous ne sommes pas motivés par l’accumulation de capital, nous ne sommes pas motivés par l’accaparement d’un certain pouvoir, nous ne voulons écraser personne, nous, c’est sûr, nous n’aurons pas de Rolex ni avant ni après 50 ans. On s’en fout .

Ce qui nous intéresse c’est de rentrer chez nous le soir en se disant j’ai fait du bon boulot. Les usagers, peuvent être satisfaits de la mission que nous avons remplie aujourd’hui.

Ce que nous demandons pour cela c’est tout simplement d’être reconnus et respectés, nous n’acceptons pas que nos professions soient dégradées nous voulons être rémunérées en fonction de nos qualifications. Et de la complexité des missions que nous remplissons.

 

Quelle que soit la fonction publique, nous devons faire face a de plus en plus de contraintes non seulement parce que l’exigence des exigences sont de plus en plus grandes mais aussi parce que dans le même temps nos conditions de travail ne cessent de se dégrader.

Dans un tel contexte, l’annonce faite de geler nos salaires jusqu’en 2017 alors qu’ils le sont depuis 2010 et qu’ils n’ont pas suivi l’inflation depuis 2000 est vécue comme une véritable provocation.

 

C’est une provocation, c’est une injustice de plus, et c’est une aberration économique. Un fonctionnaire ça ne spécule pas en bourse ça ne thésaurise pas pour se prendre le contrôle d’une entreprise et licencier ses salariés, un fonctionnaire consomme son salaire ou s’il épargne c’est pour consommer plus tard pour faire des achats plus conséquents.

Chaque euro qui va dans la poche d’un fonctionnaire retourne dans l’économie. Pour les salariés du privé c’est bien évidemment la même chose. Donner du pouvoir d’achat aux salariés c’est créer de la croissance profitable à tous.

 

Il est à noter d’ailleurs que le patronat dans les négociations collectives pour le privé s’inspire grandement de la politique du gouvernement. L’État employeur devient l’exemple le plus néfaste dont s’inspire le Medef pour mener sa politique de réduction de ce qu’il appelle le coût du travail.

 

Je voudrais d’ailleurs témoigner ici de toute notre solidarité à l’égard des salariés de nutrition bio qui parce qu’ils ont osé revendiquer des augmentations de salaires se voient maintenant menacés de licenciement par un patronat revanchard. L’action syndicale insupporte nos dirigeants qu’il soit d’ailleurs du public comme du privé. Pour cela il tente de criminaliser l’action revendicative. Nous avons connu la même situation à l’hôpital de Montauban. Comment peut-on se faire entendre aujourd’hui par ceux qui n’ont qu’un seul critère, qui n’ont qu’une seule valeur : l’argent Face à ce mur il n’y a pas d’autres solutions pour les salariés que d’exprimer leur colère. Et l’histoire du mouvement social est marquée de ces moments de colère qui ont peut-être mordu le très de la légalité mais qui ont fait progresser les droits des salariés. En 1936 les occupations d’usines étaient parfaitement illégales en 1945 le conseil national de la résistance en toute illégalité élaborait son programme de conquête social, en 1968 les occupations d’usines étaient elles aussi illégales. Autant de dates qui marquent des progrès significatifs pour le monde du travail.

Que l’on soit salarié du public ou du privé nous subissons la même exploitation et la même répression nous ne pouvons y répondre que par la même solidarité et la même détermination.

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De la même manière nous devons manifester notre solidarité au sein même de la fonction publique entre agents titulaires et agents contractuels.

De plus en plus d’agents de la fonction publique n’ont même pas le statut de fonctionnaire. Ils signent chaque mois de nouveaux contrats, avec chaque fois la même peur qu’il ne soit pas renouvelé. Bien sûr, pour eux pas question de promotion, pas question d’évolution, pas question non plus de revendiquer. C’est : travaille et tais-toi !

Comment un agent en contrat à durée déterminée peut-il avoir un projet de vie ?comment peut-il se loger ? acheter un véhicule ou autre chose  à crédit? ça aussi c’est mauvais pour l’économie !

 

Chacun l’aura compris, ces économies faites sur la fonction publique c’est pour grossir encore davantage les caisses du patronat. Evidemment le gouvernement ne parle pas d’augmentation de dividendes, ne parle pas d’évasion dans les paradis fiscaux et autres optimisation fiscale.

 

Ce seraient parait-t-il pour créer des emplois.

Mais quand on demande au Medef de s’engager sur le nombre d’emplois qu’il créerait, la seule chose qu’il affiche c’est un Pims à la boutonnière où est inscrit : 1 million d’emplois.

Le Medef s’engage-t-il sur 500 000 non ,sur 100 000 emplois non plus ! il ne s’engage sur rien : mais il prévient : rien ne nous interdit de verser davantage de dividendes à nos actionnaires.

 

Pourtant il va recevoir 30 milliards d’euros supplémentaires cette année et cela bien évidemment va se renouveler chaque année avec en perspective la suppression des cotisations familiales versées par les entreprises.

30 milliards d’euros c’est ce que coûterait à l’État l’emploi d’un million de fonctionnaires payés au SMIC. C’est-à-dire que l’État se prive de moyens de financer 1 million d’emplois en échange d’un PIMS à la boutonnière de Monsieur Gattaz. Et ce sont eux qui veulent nous donner des leçons d’économie. De qui se moque-t-on ?

 

Défendre notre pouvoir d’achat, défendre nos conditions de travail, défendre notre statut, cette défendre le service public c’est défendre la qualité du service public rendu à la population. C’est dire tout simplement : «  notre pays a les moyens de satisfaire les besoins de la population » car les salariés créent chaque jour par leur travail davantage de richesses

Mais nous en avons assez de voir une minorité accaparer la plus grande partie avec le plus grand soutien de ce gouvernement.

Aujourd’hui la mobilisation marque une étape importante mais il nous faudra encore se mobiliser davantage pour être entendus. Depuis trop longtemps les gouvernements successifs concentrent leur audition vers le moindre gémissement du Medef, il nous faudra crier encore plus fort : c’est notre seul moyen.

L’unité syndicale est réalisée aujourd’hui autour de nos revendications c’est un atout important mais c’est l’unité des salariés dans l’action qu’il faut réaliser encore plus forts encore plus nombreux pour gagner.

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