L’austérité pour les patients mais pas pour les affairistes de la santé

 cgt santé

La CGT n’accepte pas les reculs sociaux inscrits dans le projet de loi rectificatif de

financement de la sécurité sociale.

La cure d’austérité se poursuit et, encore une fois, c’est au monde du travail que l’on demande

le plus de sacrifices, en abaissant le niveau de protection sociale. Le gouvernement ajoute un

quatrième jour de carence aux arrêts maladies, après avoir décidé d’une taxe sur les

complémentaires et instaurer depuis 2004 de nombreuses franchises et déremboursements, il

ose s’engager dans une campagne calomnieuse et mensongère sur les fraudes pour masquer les

vraies responsabilités.

De plus en plus de gens renoncent à des soins, soit parce qu’ils sont insuffisamment couverts,

soit parce que le système de santé est tellement désorganisé et dérégulé, que les délais pour

obtenir un rendez-vous et les dépassements d’honoraires sont dissuasifs. Le droit à la santé

n’est plus garanti face à des restes à charges de 46% pour les patients ne relevant pas des

affections de longue durée. Les conséquences sont catastrophiques en matière de santé

publique avec la réapparition de maladies contagieuses qui avaient quasiment été éradiquées

(tuberculose, rougeole…).

La diminution de 100 millions d’euros du fonds de modernisation et d’investissement va

condamner les hôpitaux à continuer à s’endetter sur le marché financier ou à perdre en

performance et efficacité. Pour le secteur médico-social et des personnes âgées, les 20 millions

d’économie vont compromettre l’ouverture des places promises par le Président de la

république. Les familles, les personnels et les aidant des personnes dépendantes continueront à

galérer.

Pendant ce temps, la vie est belle pour l’industrie pharmaceutique, en particulier, son champion

français Sanofi-Aventis qui réalise 30 milliards d’euros de chiffre d’affaire et a engrangé 9

milliards d’euros de bénéfices, soit à peu près le déficit prévisionnel de l’assurance maladie

pour 2011. La part des bénéfices versée en dividende à ses actionnaires est passée à 50 %. Il

bénéficie par ailleurs de la niche fiscale du crédit d’impôt recherche pour 100 millions d’euros

alors qu’il aura supprimé 5800 emplois dont 800 dans la recherche à l’horizon 2012.

Dans le domaine de ce qui est appelé par certains « l’or gris », c’est-à-dire les établissements

pour les personnes âgées dépendantes, la crise n’existe pas. L’exemple du groupe ORPEACLINEA

est emblématique. Hausse de 27 % du chiffre d’affaire pour le premier semestre de

2011 et augmentation de la rentabilité opérationnelle courante de 24,8 %.

Ces exemples montrent que l’argent existe, mais qu’il n’est pas dans les bonnes mains. Est-il

normal que des groupes puissent bénéficier d’une telle rentabilité avec de l’argent public ? Pour

nous, la réponse est

NON. Au-delà des mesures cosmétiques de réduction des niches et des

avantages fiscaux des entreprises, la taxation des bénéfices ainsi que la diminution des tarifs

représentent des solutions qu’il faut aujourd’hui imposer. Il faut cesser d’accorder un crédit

d’impôt recherche à des entreprises qui font des bénéfices et qui suppriment des emplois. Cela

permettrait de récupérer une bonne partie des 4,5 milliards d’euros versés aux entreprises et

dont la cour des comptes vient de souligner la faible efficacité.

En l’absence de décisions politiques au service de tous, notre système obligatoire d’assurance

maladie est menacé, le droit à la santé n’est plus garanti.

Pour la CGT, la santé est un bien trop précieux pour être sacrifié aux exigences de la stabilité

de l’euro, il faut revenir à une économie au service de l’humain et non de la finance.

Montreuil, le 18 novembre 2011

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