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Fév 11 2015

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L’hôpital n’est pas un coût ! C’est une richesse !

Chirurgie :

Les informations sont distillées au compte-gouttes. Ce que l’on sait aujourd’hui c’est que la direction du centre hospitalier de Montauban programme pour fin avril la fermeture de 11 lits. Nous apprenons en même temps que le cabinet (Mapping – Consulting) chargé d’étudier le projet médical des hôpitaux de Montauban et Castelsarrasin Moissac prévoit aussi la fermeture de 11 lits à Moissac.

 

Soit au total une baisse de plus de 50 % des capacités du Tarn-et-Garonne en hospitalisation complète de chirurgie publique.

 

En même temps on sait que la population du département augmente autour de 1,5 % par an, que 25 % des interventions chirurgicales sont pratiqués hors département, et que la proportion de personnes en situation de précarité augmente elle aussi.

Cette fermeture de lits en hospitalisation complète est justifiée par l’administration, par un développement de la chirurgie ambulatoire

.

Mais aucun projet d’augmentation des capacités de chirurgie ambulatoire n’est prévu.

 

L’orientation prise, est à notre avis, lourde de risques.

Si la diminution de la durée moyenne de séjour est une réalité, elle a tout de même des limites. Toutes les pathologies ne peuvent être traitées en chirurgie ambulatoire. Tous les patients, du fait de leur âge, de leur situation socio-économique, de leur éloignement géographique, de l’environnement sanitaire ne peuvent bénéficier de ce mode de prise en charge ou d’hospitalisation de courte durée.

 

Avec une diminution de lits d’une telle importance prise de façon aussi brusque ne prend-t-on pas le risque de nous retrouver en sous capacité ?

 

Que feraient alors les patients ? Quitter le département ? Aller dans les cliniques, qui elles, choisissent les patients correspondant au mieux à des critères de rentabilité ? Nous devrions alors obligatoirement prendre en charge ces patients car telle est notre mission. Y aurait-il des listes d’attente de plusieurs mois pour bénéficier d’une intervention ?

 

Bien évidemment, on ne peut pas être opposé à une évolution de la prise en charge des patients. Si on peut les soigner au mieux dans un temps plus réduit, il faut le faire. Mais cette évolution doit s’opérer progressivement en préservant ainsi des possibilités d’adaptation pour tenir compte des besoins de la population. La réduction de la durée d’hospitalisation devient une obsession dont la motivation est avant tout comptable.

Les contraintes financières ne sauraient primer sur la qualité du service public.

Même si l’on doit prendre en considération l’aspect purement financier est-ce vraiment un bon calcul ?

Si l’on doit prendre en compte les contraintes de déplacement, le retard pris pour être soigné et l’orientation des patients vers le secteur lucratif, ce seraient alors des économies qui coûteraient très cher à la société (malades ou assurance-maladie) !

 

Mais cela va coûter cher aussi au personnel hospitalier !

 

Les services vont fonctionner en surchauffe continuelle et pas seulement les chirurgies, car les hébergements dans les autres services deviendraient la règle, alors même qu’il est prévu des fermetures de lits dans les autres services.

Au bout du compte, avec 9 personnels hospitaliers de moins, il faudrait prendre en charge davantage de patients.

De plus, les restrictions budgétaires entraînent le non remplacement des absences y compris celles de longue durée.

 

Une réunion s’est tenue avec les personnels de chirurgie pour aborder  notamment la question des affectations des agents qui devraient quitter le service.

La direction prévoit dans l’ordre trois critères de choix : le projet professionnel, l’ancienneté, les évaluations.

Ainsi des agents qui choisiraient de travailler dans un autre service pourraient y être affectés à la place des personnels en CDD qui verraient ainsi leurs contrats terminés. Et ce, y compris si c’est un agent en CDD du service de chirurgie. C’est là qu’interviendrait très probablement le critère d’évaluation ou celui de l’ancienneté (la direction a été très évasive sur cette question).

 

La direction utiliserait donc cette restructuration pour mettre en compétition les agents.

C’est inacceptable ! D’autant plus qu’il y a de la place pour tout le monde, entre les remplacements de départs ou de congés maladie ou de maternité.

 

Pour peu que l’on ait une approche humaine de la gestion des «ressources humaines», on pourrait sûrement y arriver !

 

Restrictions pour tous

Rappelons que ces derniers temps de nombreux services se sont trouvés en difficulté ou ont fait l’objet de restrictions. La cardiologie avec la suppression du poste en J le week-end, la pneumologie avec le non pourvoi du renfort hivernal, la neurologie avec un sous-effectif chronique, les urgences avec le non-respect des plannings et repos conjugué à une surcharge de travail, les brancardiers qui voient leurs courses rallongées du fait des travaux du bloc opératoire, le CMP de Valence d’Agen toujours pas en activité alors que les crédits sont là, des postes non pourvus en psychiatrie

Mais aussi des concours gelés, des stagiairisations reportées, des CAP repoussées.

 

Nos dirigeants, à tous les niveaux, considèrent essentiellement l’hôpital comme un coût qu’il faudrait réduire. Pour nous, c’est un bien commun indispensable à la société, qui doit être animé par les valeurs du service public.

 

  • Faut-il rappeler que l’hôpital est là pour soigner ?
  • Faut-il rappeler que les salariés ne sont pas là pour souffrir au travail ?

Lien Permanent pour cet article : http://www.cgtchmontauban.info/lhopital-nest-pas-un-cout-cest-une-richesse/

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