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Mai 16 2012

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Un vote protestataire !

Les élections présidentielles ont été marquées par un vote que de nombreux médias qualifient de «  protestataire » ou bien « d’anti- système ». Il en a été de même en Grèce avec un rejet des forces qui ont occupé les premiers rôles durant ces dernières années.

Ces votes sont une expression en réponse à la mal vie. Comment pourrait-on ne pas protester ou contester le système quand celui-ci pousse au chômage près de 3 millions de Français, impose les bas salaires, contraint à la précarité notamment tous ces jeunes qui naviguent de CDD en contrat aidé, d’un intérim à une période de chômage ?

Comment ne pas protester quand le service public est attaqué de toutes parts, quand finalement notre société n’a qu’un seul moteur : le profit accaparé par une minorité de privilégiés ?

Ce qui pourrait être un vote protestataire, est en fait un vote pour sortir de ce système injuste qui broie tant de vies.

Pour s’en sortir, plusieurs voies ont été proposées par des candidats dits protestataires.

Il y a celle du rejet de l’autre, parce qu’il est différent, parce qu’il n’est pas français. Cela laisse supposer qu’il n’y a pas assez d’argent pour tout le monde et que les aides censées être versées aux uns réduisent celles qui pourraient être attribuées à d’autres. Que les emplois occupés par une partie de la population le sont injustement et qu’ils devraient être réservés à d’autres.

Devant cette nécessité absolue de s’en sortir on devrait pousser d’autres vers la sortie.

Cette « solution » a le « mérite » d’être simple, paraît facile à mettre en oeuvre, et puis surtout, elle ne demande pas beaucoup d’effort et de courage. Rien n’est plus simple que de s’en prendre à un miséreux, sans moyens, sans défense et ce d’autant plus qu’il serait sans papiers.

Mais, à y regarder de plus près, est-ce si simple de faire fonctionner notre pays sans l’apport des travailleurs immigrés ? Est-ce si simple de fermer les frontières ? Combien de pays s’y sont essayés, en construisant même des murs ?

Non, la misère est plus forte que les frontières, aussi fermées soient-elles. La misère ne se combat que par le développement et la satisfaction des besoins des populations. De quelques pays qu’ils soient les gens n’aspirent qu’à vivre chez eux, auprès de leurs proches et dans leur culture. Ils ont aussi besoin de coopérer avec d’autres pays pour acquérir les biens et services dont ils ont besoin et pour échanger au juste prix ce qu’ils produisent et qui nous fait défaut. En un mot : la coopération au lieu du pillage.

Ce n’est certes pas facile, mais y a-t-il d’autres solutions ?

Ce n’est pas facile non plus de combattre les « forces de l’argent », la finance qui détient tout, qui impose sa loi et dispose de tous les pouvoirs. Non ce n’est pas facile car ceux là sont puissants, pour eux, les frontières sont largement ouvertes et ils disposent même de paradis refuges depuis lesquels ils exercent leur chantage.

Certains se disent « anti système », mais ils ne font que protéger le système capitaliste en désignant les immigrés comme responsables de la crise ou leur éviction comme solution à la crise. Ils permettent ainsi aux financiers de maintenir leur domination en nous imposant l’austérité pour accroître sans limites leurs profits.

Ces « anti système » là, sont présentés comme tels par les médias qui nous disent en somme : si vous voulez contester, voilà les contestataires attitrés vers lesquels il convient de vous tourner. Il ne se passe rien sans qu’on donne la parole à la Marine qui a tronqué le nom pour le prénom comme la muleta cache l’épée.

Le Front National a fait son lit sur l’insécurité et sur les difficultés qu’éprouveraient certains à vivre avec des gens de cultures et de religions différentes. Comment expliquer alors que ce parti fait ses plus bas scores électoraux dans les villes où justement l’insécurité est la plus flagrante et où les populations sont les plus variées. Comment expliquer cela ? Si ce n’est par l’image fantasmée que donnent les médias de l’insécurité. Ils créent ainsi un climat de crainte et de peur alimenté par une part toujours croissante de faits divers dans nos journaux ou même dans des émissions consacrées uniquement à ses épiphénomènes.

Le système médiatique dominant apporte de cette manière sa contribution au système économique dominant. Il choisit son camp et, comble de duperie, désigne lui-même son meilleur adversaire car celui-ci ne met nullement en cause le système capitaliste et financier. Ne nous laissons pas tromper, ne nous laissons pas manipuler par la facilité de frapper sur le coupable désigné d’autant plus qu’il est faible, ayons le courage de nous mobiliser pour nous réapproprier les fruits de notre travail accaparés par le monde de la finance.

Protester ne suffit pas, encore faut-il contester le pouvoir à ceux qui le détiennent vraiment et en usent à notre détriment, pour créer une société plus juste et plus humaine.

Se parer du drapeau tricolore n’a de sens que si l’on défend ses valeurs : Liberté Egalité ,Fraternité.

  • Liberté de maîtriser son destin et de faire valoir ses droits.
  • Egalité pour une meilleure répartition des richesses
  • Fraternité :c’est justement de traiter en frère celui qui ne l’est pas, elle n’a pas de limite, elle va de l’ami le plus proche, à l’étranger le plus éloigné

 

 

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