(Vidéo) De la loi travail à l’hôpital, bis

L’article premier de la loi travail en donne toute la philosophie générale :

«Les libertés et droits fondamentaux de la personne sont garantis dans toute relation de travail.
Des limitations ne peuvent leur être apportées que si elles sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché ».

Autrement dit, nos droits sont subordonnés au bon fonctionnement de l’entreprise.
Mais que veut dire « bon fonctionnement de l’entreprise »?

À l’hôpital par exemple, il y a pour le moins 2 façons d’apprécier le bon fonctionnement de notre établissement :
Pour nous salariés, il s’agit d’apporter les meilleurs soins possibles à l’ensemble des patients qui nous sont confiés, en garantissant des conditions de travail compatibles avec le maintien de notre santé et le respect de notre vie personnelle.

Mais pour la direction, il pourrait s’agir, tout simplement, d’équilibrer les comptes financiers.

Dans l’ensemble des entreprises, mais aussi dans les établissements de la fonction publique, ce ne sont pas les salariés qui décident des critères de gestion mais bien les directions ou les patrons qui répondent à des impératifs de rentabilité, en vue de satisfaire les exigences des actionnaires et des banquiers.

Le Contrat de Retour à l’Equilibre Financier imposé à notre établissement illustre bien cette subordination de nos droits à une obsession : faire des économies pour rétablir l’équilibre financier.

• Les contractuels sont maintenus en CDD alors qu’il y a des postes vacants dans leur grade.
• Le temps de travail n’est pas respecté car les repos sont déplacés ou reportés y compris sur l’année ou même les années suivantes. Cela se traduit par une augmentation alarmante des heures dues.
• Les trois semaines consécutives l’été ne sont pratiquement jamais respectées, même les 11 jours de C.A. (hors RH et RR) sur juillet et août ne sont pas toujours accordés.
• Faute de remplacements, les plannings prévisionnels ne sont plus que des plannings théoriques jamais appliqués. Les situations dégradées se multiplient au détriment de nos conditions de travail et de la qualité des soins.

Le Contrat de Retour à l’Equilibre Financier prévoit une trentaine de suppressions d’emplois alors que nous rencontrons déjà des difficultés importantes de fonctionnement. En effet, les moyens de remplacements provenant du SICS et les marges de manœuvre internes ont été quasiment supprimés.

La direction a privilégié les économies et veut faire payer les conséquences de ce choix aux personnels.

La direction utilise notre sens de la solidarité pour nous contraindre à compenser sa décision de supprimer les postes.
Nous ne voulons pas devenir à notre détriment les supplétifs des choix de cette direction.
Nous avons constaté des abus inadmissibles dans les rappels des personnels à leur domicile et des pressions exercées sur eux en cas de refus.

Rappelons simplement le droit :

En dehors de leur temps de travail les agents ne sont pas à la disposition de l’employeur.
Ils ne sont donc pas tenus de répondre au téléphone quand ils sont chez eux (en dehors des dispositions prévues dans le plan blanc). Aucun reproche ne peut donc être fait à un agent qui n’a pas répondu au téléphone.

Quand un cadre sollicite un agent à son domicile cela doit se faire dans le respect du choix de l’agent. Même lorsque l’agent refuse de venir, le cadre peut déjà le remercier d’avoir décroché son téléphone.
Lorsqu’un agent accepte de revenir, une compensation devrait pour le moins s’imposer soit par la restitution dans les meilleurs délais du repos supprimé, soit par sa rémunération.

Les agents en ont assez,
ce n’est pas à eux de supporter les choix de la direction.

Notre lutte contre la loi travail c’est aussi notre lutte pour exiger le respect de nos conditions de vie et de travail dans notre établissement.

Aucune entreprise, aucun établissement ne peut bien fonctionner au détriment de ses salariés. Que serait l’évolution d’une société si elle se traduisait par une réduction des droits de chacun ?
Comme il est dit dans les manifestations contre la loi travail :

On vaut mieux que ça !

Soyons encore plus nombreux pour nous faire respecter !

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